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INDIFFERENCIATION
DU SAMSARA ET DU NIRVANA

 

Ces deux termes sanskrits paraissent de prime abord désigner deux réalités opposées.

Le Samsara ou roue de l'existence est le monde de ceux qui sont soumis à la réincarnation en fonction des tendances de leur karma, dans l'une des trois sphères d'existence où nul n'échappe à la souffrance.

Le Nirvana désigne le havre de paix et de félicité de ceux qui sont parvenus à se libérer de la roue.
Pourtant, ces deux termes apparemment opposés ne désignent que les deux facettes d'une même réalité: le sage voit le Nirvana là où l'ignorant ne trouve que le Samsara. Il n'y a donc nul Nirvana hors du Samsara et nul Samsara hors du Nirvana. Il n'y a pas un mauvais Samsara qu'il faille s'efforcer de rejeter tandis qu'on chercherait ailleurs un bon Nirvana.

Telle est la vision profonde de réalisation qu'on appelle la non-différenciation du Samsara et du Nirvana, ou encore Mahamudra, Grand Sceau, Grand Achèvement, Dzotchen, etc...

INITIATION,
CONSECRATION,
TRANSMISSION
DE POUVOIR
tib. Ong Kur
Le rituel d'initiation dans le Vajrayana est la transmission par le Lama du pouvoir de méditer avec succès, une voie spirituelle particulière prenant une déité spécifique pour support.

Le rituel dépose dans le disciple le germe de la réalisation et provoque sa maturation spirituelle. L'initiation tantrique fonde le lien indissoluble qui unira désormais maître et disciple, qui doivent tous deux posséder les qualifications requises.

Pour le disciple, les principales de ces qualités sont la foi, la compassion et l'aspiration à la libération en vue du bien d'autrui.

Quant au maître, il lui faut réunir un grand nombre de qualités: foi, compassion, détenir la lignée de transmission des enseignements, en avoir accompli les retraites prescrites, être habile au rituel, etc...

Dans toute initiation, il y a engagement d'obéissance et de foi du disciple envers le Lama ainsi qu'envers la foi bouddhiste du Grand Véhicule.

Les initiations dites "grandes" avec support de Mandala, prescrivent toutes le respect des quatorze voeux racine tantriques. La seule pratique de garder fidèlement sa foi et tous ses engagements conduira à l'obtention certaine de la bouddhéité au terme de seize renaissances successives.

Si, en plus, on met la voie de méditation en pratique, les résultats pourront être beaucoup plus rapides.
Les rituels développés comprennent quatre consécrations successives donnant le pouvoir sur des voies de méditation particulières et produisant chacune une purification et un fruit respectifs, l'ensemble apportant la réalisation de l'ultime bouddhéité.

(QUATRE) JOIES

voir FELICITE, QUATRE CENTRES, YOGA

Fruit de l'expérimentation de la voie en rapport avec les quatre centres.

JOYAUX
voir REFUGE
KANDJIOUR

Le Kandjiour composé de cent huit volumes, constitue avec le Tandjiour qui en compte deux cent cinquante-trois et qui est l'exégèse des textes sacrés, le canon bouddhiste.

Le Kandjiour est la collection complète qui regroupe tous les enseignements du Bouddha. Il comprend les écrits sur:

-Le Vinaya: règles monastiques et éthiques
-Les Sutras: enseignements du Bouddha concernant la voie
-L'Abidharma: métaphysique, psychologie et philosophie
-Les Tantras: instructions rituelles et de mise en pratique de la méditation de la voie.

KARMA
Mot sanskrit désignant la loi universelle de rétribution des actes qui conduit les êtres à des renaissances plus ou moins heureuses dans les divers états d'existence selon leurs mérites respectifs. Les critères de détermination du caractère positif ou négatif d'un acte sont fonction de la motivation vertueuse ou non (inspirée par l'intention du bien d'autrui ou son contraire) qui guide cet acte.
Dans le bouddhisme, tout ce que l'on fait, dit ou pense, constitue le germe d'un développement qui déterminera un fruit à plus ou moins long terme, d'où la nécessité d'apprendre à discipliner ses trois portes si l'on désire obtenir la bouddhéité.
KHATCHE
voir PARADIS
KLESHA
tib. Nyon Mong pa

Dispositions ou pulsions négatives.

Trois pulsions (ou poisons) fondamentaux troublent l'esprit sous l'emprise des concepts dualistes; ce sont: le désir-convoitise, la haine-agressivité et l'ignorance. De ces trois pulsions fondamentales naissent respectivement l'avarice, la jalousie et l'orgueil. Elles sont déterminées par la saisie dualiste d'un égo qui empêche la reconnaissance de la vraie nature de l'esprit.

KHAM
Grande province à l'est du Tibet.
LAMA

voir Initiation, Dorjé Tchang, Disciple

Mot tibétain traduction du sanskrit Guru qui signifie Maître ou guide spirituel. C'était au Tibet un mot dont l'usage était réservé sauf rare exception, aux dignitaires réincarnés (Tulkous) chefs de monastères. A ne jamais confondre avec moine (toujours astreint au célibat). Les Lamas quant à eux, pouvaient être des moines ou des Lamas mariés. De nos jours, sous l'effet de l'ignorance des coutumes tibétaines, cette appellation s'applique indistinctement à l'ensemble des moines. Les Tibétains réfugiés eux-mêmes l'emploient de plus en plus fréquemment dans ce sens, au risque de confusions.

LAMA RACINE

voir LIGNEE DE TRANSMISSION

Il s'agit pour chacun du Lama qui transmet les initiations et les instructions de méditation et que l'on doit alors considérer comme son Lama racine. C'est le Lama envers lequel on est tenu de respecter les voeux du Samaya. Les Lamas de la lignée sont les détenteurs successifs de la lignée dont est issu le Lama racine et leur succession remonte jusqu'au Bouddha primordial à l'origine des enseignements transmis par le Lama. Cette notion de lignée de transmission ininterrompue est très importante dans le Vajrayana.

LAMDRE
"La voie et son fruit" constitue un cycle d'enseignements basés sur le Tantra d'Hévajra (tib. Tchié Dorjé) que le grand Siddha Birwapa contribua à diffuser. Ces enseignements expliquent dans un système cohérent, toutes les voies et les étapes avec leurs fruits respectifs, jusqu'à l'état de Bouddha. Ils sont aujourd'hui principalement transmis par l'école Sakyapa.
LIBERATION

La libération (tib. Tharpa) est un terme général qui signifie libération de la souffrance, mais il n'est pas la description d'une étape spirituelle précise.

L'au-delà ou transcendance de la souffrance (tib. Nya Nguène Le Ndépa et skt. Nirvana) est un terme dont la compréhension précise nécessite la connaissance du contexte dans lequel il est employé.

S'agissant de l'idéal spirituel suprême du Petit Véhicule, ce terme signifie l'extinction des désirs ou extinction du moi.
Pour les adeptes du Grand Véhicule et du Vajrayana, il signifiera la libération du cycle des renaissances déterminées par le karma, mais non pas l'ultime bouddhéité qui suppose la réalisation de l'indifférenciation du Samsara et du Nirvana.

La bouddhéité ou transcendance sans demeure (tib. Minépar Nya Nguène Lé Ndépa) désigne l'état d'un Bouddha qui, en raison de sa réalisation de la vacuité, ne demeure pas dans le Samsara et qui, en raison de sa compassion, ne demeure pas non plus dans la transcendance de la souffrance, comme le font au contraire les Auditeurs et les Pratyéka Bouddhas. Il s'agit là de l'ultime bouddhéité.

LIENS SUPPORTS
Chaîne de cause à effet ou encore causes interdépendantes; c'est le principe de production de tous les dharmas qui sont dénués d'existence-en-soi ou d'existence propre et indépendante, mais qui, au contraire, naissent en s'appuyant sur diverses causes et conditions.
LIGNEE DE TRANSMISSION
Le Lama racine représente le dernier chainon d'une lignée de maîtres qui, à travers le temps, le relie de manière ininterrompue au Bouddha Shakyamouni ou encore au Bouddha Dorjé Tchang. Cette lignée de transmission permet la réception des enseignements dans leur intégralité ainsi que leur validation, tant par la source que par le succès de leur mise en application par un grand nombre de saints détenteurs. De plus, les Lamas de la lignée sont pour le disciple, une source d'inspiration et de confiance sans cesse renouvelées.
MADHYAMIKA

Ce terme signifie "la voie du milieu". Il représente une grande tradition philosophique du bouddhisme du Mahayana, qui fut exposée en détail par le grand Nagarjuna, et qui adopte une position moyenne entre deux vues extrêmes.

Le Madhyamika est une réponse aux questions essentielles concernant l'existence ou la non-existence des choses (c'est à dire des phénomènes) et également celle des êtres. Nagarjuna démontre leur erreur à ceux qui tranchent par l'affirmative ou la négative.
Il énonce que c'est une erreur d'affirmer l'existence, la non-existence, les deux à la fois ou leur contraire, car cette position s'appuie sur la réalité d'un égo.

Du fait que le Bouddha ait enseigné la vacuité des apparences, il n'y a nulle part de substance, d'essence ou de substrat ontologique; dès lors, le problème disparait de lui-même puisqu'il ne peut plus y avoir de référence à un égo.

MAHAYANA

Ce terme est l'équivalent sanskrit pour "Grand Véhicule". On le dit grand car il peut conduire tous les êtres sans exception vers la libération de la souffrance, par opposition avec le Hinayana ou "Petit Véhicule" qui ne permet que la libération du seul pratiquant, spécialement s'il est moine.

Le Mahayana comprend deux systèmes distincts:

-Le véhicule de la cause ou Paramitayana dans lequel le pratiquant doit s'efforcer durant un nombre incalculable de vies, au développement de la cause de l'éveil qu'est l'accumulation des vertus ou Paramitas dans la pensée d'éveil.

-Le Vajrayana ou véhicule du fruit ainsi nommé car dès le départ, grâce à l'initiation, le méditant pratique dans la perception de son identité fondamentale avec le Bouddha même. Ceci explique la possibilité d'une réalisation rapidement obtenue, c'est à dire en une seule vie.

MAHAMUDRA

voir INDIFFERENCIATION DU SAMSARA-NIRVANA

C'est un terme sanskrit qui signifie "Grand Sceau" et qui désigne l'ultime étape de la vision profonde dans le Vajrayana, à savoir la réalisation de la nature ultime de l'esprit.

MANDALA

Diagramme mystique d'énergie dans lequel les déités ou leurs emblèmes sont disposés en cercle. Il représente symboliquement les diverses étapes que le disciple doit franchir afin de parvenir à la réalisation de l'ultime bouddhéité. On se sert du Mandala pour la transmission des initiations et la pratique de rites tantriques.

Il peut aussi s'agir d'une offrande dans laquelle le disciple offre en méditation au Lama et aux Bouddhas, un univers idéalisé.

MANTRA
Se décompose en MAN pour Manas qui signifie en sanskrit le mental et en TRA qui veut dire "protège" ou "garde".
Mantra est donc ce qui garde le mental, le protégeant de toute intrusion des pensées ou émotions perturbatrices et étrangères à la méditation. Le mantra est aussi la parole de la déité ou son essence sur le plan verbal ou vibratoire. Chaque déité a un ou plusieurs mantras qui lui correspondent. Ce sont des paroles énoncées par les Bouddhas et qui en détiennent les bénédictions. Les mantras sont très utilisés dans le Vajrayana qu'on appelle aussi plus fréquemment Mantrayana ou "Véhicule des Mantras secrets".
MARA
voir DEMONS
MERITE

voir ACCUMULATION

Le mérite est ce qui résulte de la pratique des actes vertueux.

MI'AMCI
Sorte d'être céleste ayant pris l'apparence humaine
MOINE

Les adeptes du bouddhisme se répartissent en plusieurs catégories selon les voeux qu'ils ont pris.

Les fidèles laïques (tib. Gué Nyen, skt. Upasaka) ont au moins le voeu du refuge et peut-être un ou plusieurs des autres cinq préceptes qui interdisent le meurtre, le vol, l'inconduite sexuelle, le mensonge et l'absorption d'intoxicants.

Les novices (tib. Guétsul) sont astreints au célibat et à la chasteté en respectant un ensemble de dix voeux.

Les moines pleinement ordonnés (tib. Guélong, skt. Bhiksu) astreints aussi à la chasteté, respectent eux, un code de discipline énoncé dans le Vinaya par le Bouddha lui-même et comprenant 253 voeux divers réglant dans les moindres détails, l'attitude, le comportement, les vêtements, la démarche, la nourriture, etc... des moines.

MUDRA

Geste, sceau ou parèdre, ce terme désigne généralement un geste symbolique de la main accompagnant la pratique de la visualisation d'une déité, pendant le rituel.

Mudra désigne aussi l'épouse spirituelle qui sert de support aux pratiques de réalisation dans les Tantras.

Le "Mudra flamboyant" est le geste qui commande à la déité invoquée de se souvenir du lien sacré qui l'unit à l'initié pratiquant et, en respect de ce lien, de venir se manifester à lui.

NAGA
Divinités-serpents gardiennes des océans et du monde souterrain, ainsi que de trésors et de certains enseignements secrets.
NECTAR
tib. Dutsi

voir CANAUX, SOUFFLES, NECTARS

Désigne une substance support de félicité ou de pouvoirs spirituels (immortalité, jeunesse éternelle, etc...) C'est aussi le support matérialisé sous forme d'une substance liquide, de l'esprit des Bouddhas qui a le pouvoir de transmettre l'initiation.

NEDJIN
Désigne une sorte de gardien à l'aspect terrible chargé de veiller au respect de la Doctrine.
NIRVANA
voir LIBERATION
NGOR
Une des trois écoles de la tradition Sakyapa, dont Son Eminence Ngor Ewam Phendé Rinpoché est l'un des chefs. Son centre principal était au Tibet, la grande université monastique de Ngor Ewam Tcheuden.
OBJETS DE BON PRESAGE
Plusieurs séries d'objets ou d'emblèmes sont devenus dans le bouddhisme, des objets de bon présage en souvenir des bénédictions qui leur furent accordées par le Boudddha.
ORNEMENTS D'OS
Les six ornements d'os sont une parure d'ossements humains qui ornent certaines déités tantriques.
OUVERTURE DE BRAHMA
Il s'agit d'une ouverture au sommet de la tête correspondant à la fontanelle.
PANDITA
Un Pandita est un érudit dans les cinq domaines principaux et secondaires de la connaissance traditionnelle indienne.
-L'art de la médecine
-celui des sons
-le Dharma (connaissance intérieure)
-la dialectique
-l'art religieux

-l'astrologie
-la poésie
-l'usage des périphrases et autres circonlocutions
-l'art de la composition harmonieuse
-les arts appliqués

PARAMITAS
Ce sont les six vertus parfaites du Paramitayana, véhicule de la cause du Mahayana:

-la vertu du don
-la vertu de la conduite éthique
-la patience
-l'énergie
-la méditation
-la sagesse.

PARADIS
Un grand nombre de paradis aux noms différents et correspondant souvent à la résidence d'un Bouddha particulier sont évoqués dans les textes. Y renaissent les êtres ayant échappé à la transmigration sous l'effet du karma. Recevant les enseignements directement des Bouddhas qui y président, ils foulent eux aussi les différents degrés de réalisation. Le paradis de Khatché est un nom tibétain qui, sans désigner un paradis particulier lié à un Bouddha défini, en évoque le caractère général de jouissance de la vacuité.
PATSE
Unité de mesure.
PRATIEKA-BOUDDHA
voir AUDITEUR
PROCESSUS DE DEVELOPPEMENT ET DE RESORPTION
voir UNION DES PHASES
POISONS
voir KLESHA
POUVOIRS
voir SIDDHIS
PRASANGHIKA
Ecole se rattachant à la philosophie du Madyamika
PRETA
tib.Yida
Qui signifie "esprit avide"
Les Yidas désignent, parmi les six états d'existence, celui d'êtres avides en proie à une faim et une soif incessantes qu'ils ne peuvent jamais satisfaire. La renaissance dans cet état est induite par une forte propension à l'avarice.
PRINCIPE CONSCIENT
tib. Namshe
La faculté de conscience, résultant de l'intégration de tous les éléments fournis par l'expérience sensible, émotionnelle et de comportement et la construction de la mémoire. C'est le principe de conscience qui influence les actes en pensée, parole et action et subit aussi les résultats positifs ou négatifs de ces actes dans les multiples renaissances au sein de la roue de l'existence. Dans son essence purifiée libre de toute action et réaction, il est l'esprit même des Bouddhas.
PROTECTEUR
tib. Tcheu Tchiong
Les Protecteurs du Dharma sont une catégorie de déités dont les rituels visent à détruire pour le pratiquant, toutes forces adverses internes et externes qui viendraient à menacer soit sa propre pratique spirituelle, soit celle d'autrui ou le Dharma en général.

Ces déités sont liées aux Bouddhas par leur serment de défendre en toutes circonstances le Dharma et ses pratiquants. Elles présentent un aspect peu avenant et terrible afin de faire reculer les êtres nuisibles que seule une telle apparence permet de dompter.